Les derniers parfums du chaudron – Décembre 2012

CHAUDRON SORCIERES

 

J’ai terminé Max de Cohen Scali depuis 2 jours et je vais m’en souvenir longtemps.! Franchement, même s’il est dur, vous pouvez le lire, vous ne le regretterez pas.  D’abord parce qu’il évoque un sujet méconnu dans la littérature (jeunesse ET adulte), celui du programme nazi Lebensborn visant à créer une race aryenne supérieure et parfaite en systématisant à grande échelle l' »accouplement » obligatoire (c’est le mot de Max)de femmes blondes aux yeux bleus, ultra sélectionnées, à des officiers SS (il est d’ailleurs « bizarrement » moins question de sélection pour eux….). Puis en obligeant ces pauvres femmes à abandonner leurs bébés qui seront élevés en pouponnière, sans amour, et voués à âtre adoptés par des couples nazis jusqu’à l’âge du pensionnat, des écoles inhumaines et de l’endoctrinement. L’auteur s’appuie sur d’importantes recherches documentaires et le lecteur sait que chaque fait relaté par Max, le « héros », revêt une réalité historique derrière la fiction. C’est ce qui fait la force de ce roman avec le fait que Max parle à la première personne dès les premières pages et alors qu’il n’est même pas né ! Fallait y penser ! Max retarde d’ailleurs sa naissance jusqu’au jour anniversaire du Führer, son « père » ! C’est assez surprenant, d’autant plus qu’il utilise des mots d’adulte cyniques et sans émotion et qu’il incarne de façon choquante l’idéologie nazie. c’est la pensée d’un monstre bien qu’il soit avant tout une victime. Heureusement que Max finit par évoluer en s’humanisant. – un peu – au fil des 9 ans que dure l’histoire. Ses certitudes se fissurent quand il rencontre un enfant juif polonais … C’est assez fascinant de voir comment ce roman  montre de l’intérieur » la pensée nazie, le pouvoir de l’endoctrinement, la violence terrible faite aux enfants et aux victimes de la guerre, la folie systématisée. Il a le mérite  de parler de tout ce que la population allemande a dû subir en 45 quand les russes puis les américains ont pris le pouvoir. Un roman choc donc, qui oblige à réfléchir, que je n’ai quitté qu’à regret malgré sa dureté. Bravo l’auteur ! Bien entendu, pour un public jeune à partir du lycée !  (Marie-Laure)

 

« Good bye Berlin » de wolfgang Herrndorf. Qui l’a lu ? En a-t-on déjà discuté ? J’ai eu un peu de mal au début avec les protagonistes mais en cours de lecture, je suis complètement rentrée dans l’aventure façon road-movie complètement déjantée de ces personnages touchants que l’auteur parvient à nous rendre proches. On a envie d’y croire à cette amitié. Quand j’ai fermé le livre, c’était avec regret et cette histoire, je ne l’oublie pas. C’est quand même les caractéristiques d’un livre digne d’être retenu. Non ? (Véronique)

 

 

 

Voici deux pépites découvertes la semaine dernière dont une qui pourrait rentrer dans la catégorie « OLJNI »Objet Littéraire Jeunesse Non Identifié »,

catégorie dont on parle régulièrement et que nous n’avons toujours pas créée…

 

Il s’agit du premier album de Nine Antico : Quatre filles Journeaux croisés 1860-1960,  chez Albin Michel Jeunesse

Nine Antico, d’habitude fait des BD : le goût du paradis, Girls dont cry…qui racontent des histoires de filles « comme tout le monde » avec un beau graphisme simple et un peu vintage que j’aime beaucoup.

Quatre filles Journeaux croisés 1860-1960 est je crois, son premier album, à fenêtres qui plus est .

 

Fidèle à ses thèmes de prédilection, elle a choisi de raconter la vie de 4 filles.

4 filles, 4 époques différentes, 4 saisons. Une page de texte par fille (sous forme de journal intime)  avec en vis à vis une page d’illustration de sa maison avec des fenêtre à ouvrir ( on entre d’autant mieux dans l’intimité de chacune)

Les 4 filles ne vivent pas à la même époque, mais, et c’est la magie des histoires, elles sont copines et se fréquentent.

Le lien entre elles, c’est un livre que chacune lit à la même période de leur vie : Les aventures de Nelly Olson.

En 16 pages et 16 dessins, on suit donc la vie de ces jeunes filles, leur petits soucis, leurs joies, celle de leur famille, leurs copines, leurs vacances etc et bien sûr, l’air de rien, on suit également l’évolution sociétale sur 4 générations à travers leurs tenues, l’architecture de leurs maisons, le confort « moderne » qui arrive etc …

 

Un très beau livre, original, très tendre, riche, vivant, très joliment illustré et quel plaisir partagé à tout âge que d’ouvrir les fenêtres et découvrir ce qu’il y a …..derrière !  (de plus, il n’y a pas tant de journaux intimes dans la production jeunesse)

Bref, vous l’avez compris c’est un coup de coeur !!! à classer dans OLJNI

 

Le deuxième est tout aussi adorable mais plus classique et entre facilement dans nos « catégories » de sorcières.

Il s’agit de les lettres de l’ourse de Gauthier David et Marie Gaudry chez Autrement

Notre ourse, qui va écrire les 20 lettres de l’album est éperdument amoureuse d’un oiseau, mais son amour se trouve à l’autre bout du monde car après l’été, il est parti. D’où l’envoie de lettres et la décision d’aller le retrouver (il lui manque trop !) en affrontant des contrées inconnues, en faisant de nouvelles connaissances jusqu’au rebondissement suivi de la fin attendue. mais oui ça fini bien.

Les illustrations de Marie Gaudry, un peu naïves, lumineuses, tout en délicatesse complètent bien le texte et lui ajoutent une dimension un peu fantastique, l’imagination fonctionne à plein.

Les lettres de Gauthier David, courtes ou longues en fonction des circonstances racontent la vie quotidienne de l’ourse, son périple pour  retrouver son amoureux, ses espoirs et son amour pour l’oiseau. Avec beaucoup de tendresse et une certaine poésie, elles nous rapprochent de cette ourse à laquelle on s’attache.

Le duo d’auteurs fonctionne à merveille.

Un autre coup de coeur pour cet album épistolaire à découvrir  (Marie-Laure)

 

Un gros coup de coeur pour Black out…
Un très gros roman nous racontant 2 histoires parallèles, l’une écrite, l’autre en images et  qui forcément vont se rejoindre…L’histoire de Ben et l’histoire de…je vous le dis pas …
Une belle écriture pour une belle histoire, Ben ayant perdu sa maman part à la recherche de on papa suite à la découverte d’un indice trouvé dans un livre… »Le carnet des curiosités »..et nous voilà entrainés dans New york et ses musées, (vous savez, dans ces pièces qui sont réservées au personnel et interdite au public…qui n’a jamais eu envie de braver cet interdit?????)
L’histoire en images en noir et blanc (beaucoup de procédés cinématographiques) alternée avec le texte rend la lecture de ce gros roman très limpide …c’est tellement beau qu’on ne peut le lâcher… (Anne-Marie)

 

Lulu et le brontosaure Judith Viorst, illustré par Lane Smith

Lulu est une petite fille CAPRICIEUSE! Ces parents pour avoir la paix lui cèdent tout ( ça existe???) jusqu’à ce qu’elle réclame un brontosaure…et qu’ils disent non!

L’auteur nous prévient dès le début de certaines invraisemblances puis elle nous emmène à un rythme endiablé à la recherche d’un brontosaure…. cerise sur le gâteau, après plein de mésaventures, elle nous propose trois fins possibles! Comme ça, tout le monde est content!!!

C’est drôle, c’est rythmé, c’est chantant, c’est bien écrit, on ne le lâche pas…essayez en accueil de classe d’arrêter la lecture, c’est le lynchage assuré!

Les illustrations de Lane Smith (la bouille boudeuse de la petite peste, trop drôle, ça sent le vécu) sont savoureuses et pleine d’humour et rajoutent au plaisir de lecture de ce petit roman !

Avec en plus un format original et une belle couverture qui donne envie de le lire!!!! (Anne-Marie)

 

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